Wednesday, February 10, 2010

INDEVCO CEO Featured in Caritas Newsletter

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Source: Caritas Newsletter, February 2010
Posted by: Soraya Naufal


Caritas Newsletter featured INDEVCO Group President & CEO in its February 2010 issue. During the interview, Neemat G. Frem emphasized the importance of hard work and volunteering. In addition, Frem focused on the Frem's family mission to create jobs and support education.

Frem also stated that Caritas Liban is bringing in added value to the Lebanese community and church.


Caritas Newsletter is a monthly newsletter from Caritas Lebanon. Caritas Lebanon is a member of Caritas Internationalis, a worldwide confederation which figures among the world’s largest humanitarian networks, counting 162 Catholic organizations working in 200 different countries and territories.

Read the full interview in French below.


Neemat Frem: Quand le parcours devient un générateur d'énergie.

M. Neemat Frem est le Président Directeur Général du groupe INDEVCO, une entreprise internationale polyvalente, fondée au début des années 50 par son père, M. Georges Frem. Travail et action sociale sont deux valeurs fondamentales qui lui ont été transmises par sa famille.

Vous avez grandi dans une famille orientée vers la disponibilité, la générosité et la solidarité envers l'autre. Pouvez-vous nous raconter un peu votre enfance? De quelle manière, dans leur éducation, vos parents vous on transmis ces valeurs?

Grâce a Dieu j'ai eu une enfance heureuse, entre mon père, ma mère et mes frères et soeurs. Je suis l'aîné de 5 enfants, mais il y a une grande différence d'âge avec le plus jeune. Et puis, j'ai vécu avec ma grand-mère, ce qui a été une expérience exceptionnelle; de cette façon, j'ai eu l'occasion de très bien connaître mes oncles et mes tantes. Cette proximité m'a beaucoup enrichi car j'ai pu être très proche d'une quinzaine de personnes différentes en même temps, d'avoir une relation très intime avec elles. Ça m'a permis de percevoir très jeune, la diversité de la nature humaine. Ce qui est une chose rare...

Quant aux valeurs familiales... En premier lieu, le travail est très important pour nous, il représente un réservoir d'énergie pour la vie! J'ai été motivé au travail créatif, gratuit et personnel surtout au contact de ma grand-mère. J'aimerai accomplir beaucoup plus dans ce domaine; donner de soi-même est tout à fait différent que de donner de ce que l'on possède. Aujourd'hui, le travail se fait par procuration, on paie quelqu'un pour qu'il le fasse à notre place.

Y avait-il un parallèle entre l'atmosphère familiale et celle qui régnait à l'école?

Oui, je pense que j'ai trouvé dans les deux établissements que j'ai fréquentés, le collège des Soeurs des Saints-Coeurs de Jounieh puis le collège Saint-Joseph d'Aintoura, une continuité des valeurs de notre famille et surtout, une atmosphère catholique. Avec mes nombreux amis et mes cousins, nous avons vécu beaucoup de moments ensemble. On peut dire que je suis un pur produit de Jounieh.

La carrière pour laquelle vous avez optée, c'est à dire prendre la reliève de votre père, M. Georges Frem, était-elle votre décision propre ou bien a-t-elle été imposée?

Les deux en même temps. C'est une entreprise familiale certes, mais professionnelle. étant très proche de mon père et en tant qu'aîné, je m'y étais préparé depuis toujours. J'ai appris à aimer ce que je devais faire; hobby et devoir (ou travail et plaisir) sont confus pour moi! Je donne au travail et réciproquement. c'est le secret de la réussite! Souvent, les gens ont un plan pour leur avenir différent de ce qui est attendu d'eux. Ils décident de faire autre chose de ce qu'ils devraient faire et cela se répercute négativement sur les résultats. Il faut, au contraire,essayer d'unifier ses ambitions et sa mission pour réussir!...


On a tendance à croire qu'en entreprenant de grandes initiatives, qu'il n'y a de joie qu'en atteignant le but. Moi je crois que c'est différent. La vraie joie se trouve dans le parcours; c'est le chemin qui devient le trophée. La joie ressentie à l'arrivée est éphémère à côté du bonheur ressenti en chemin. Ainsi, le parcours devient un générateur d'énergie, si l'on y puise son bonheur on crée un système autosuffisant.

Vous avez hérité, sur la plan moral, des valeurs familiales et sur le plan pratique, la gestion et la gérance d'une structure industrielle (Groupe INDEVCO) à dimension internationale, puisqu'elle est implementée dans plusieurs pays, dont les USA et l'Arabie Saoudite. Comment avez-vous pu concilier deux pôles des valeurs aussi opposés, la charité chrétienne et l'argent?

Je crois qu'ils ne sont pas opposés du tout! On est responsable de l'argent, on ne le possède pas. Je me considère comme gérant d'un patrimoine, qui doit faire fructifier ses biens et ne pas en disposer à des fins personelles.


Quand on est missionnaire de principe, il faut constamment garder en tête sa mission: axer ses yeux, sa tête et son coeur vers une seule direction. L'argent, le pouvoir, ce ne sont que des instruments que nous devons uniquement utiliser comme tels et non se les fixer comme objectif. Malheuresement, il existe des moments dans la vie où l'on confond les deux: l'instrument devient l'objectif et inversement. C'est là l'une des grandes erreurs des hommes qui créent: ils se laissent prendre au jeu et se perdent. Il est important de remettre les pendules à l'heure, tous les quelques temps.

Il faut avoir des idées précises et réalisables de sa mission et se la rappeler toujours. Je crois que ma mission première et celle de ma famille, est de créer des emplois. La deuxième est de vivre notre foi par des actions concrètes. Mon père nous a transmis un certain idéalisme, mais pratique. Par conséquent, nous vivons une vie normale, en famille, cependant, nous veillons à maintenir un côté spirituel, des objectifs supra-matériels. Nous faisons travailler l'argent. Il faut que l'exercice soit générateur de profits pour que de nouveaux projets naissent, se développent et perdurent tout le temps.

Comment procédez-vous pour transmettre a votre entourage votre désir d'aider et lui donner l'envie de rejoindre votre action sociale?

En créeant des initiatives et en m'entourant de personnes qui veulent aider; les gens ont besoin de donner et attendent que les opportunités se présentent à eux. Une fois que l'idée est lancée, nombreux sont ceux qui suivent. Il ne faut pas avoir honte de ce auquel on croit mais au contraire, le vivre et en temoigner, surtout si le message est clair et vertueux! Les gens seront "contaminés", c'est contagieux...

Dans ses objectifs et ses réalisations, le groupe INDEVCO place en premier plan le bien-être de la communaute, convaicu qu'il est lié a celui de votre société. Comment est mis ce principe en pratique?

Nous sommes très proches de nos employés avec qui nous formons une grande famille. Partant de ce principe, l'être humain devient l'objectif primaire et l'assistance humanitaire va de soi. Nous établissons une relation personnalisée entre chaque personne, et l'une de nos priorités est de pourvoir à chacune d'elle la possibilité de se réaliser (self actualization), de se découvrir et connaître ses capacités car peu de gens sont conscients de leurs possibilités réelles. Nous travaillons a leur épanouissement et leur connaissance dans le groupe.

Vous avez adopté une approche avant-gardiste dans l'action caritative (travail, encadrement, soutien...). A votre avis, pour quel axe doit-on opter dans l'action humanitaire (à l'exception des personnes vulnérables): distribuer une aide matérielles et financière ou trouver des formules de développement des groupes defavorisés (projets individuels et collectifs)?

Dans le cas du Liban, il est important de travailler les deux axes bien qu'a long terme, il soit nécessaire de créer un mécanisme qui permette de développer les énergies et les capacités individuelles, et qui serait beaucoup plus rentable. Mais certaines personnes ont des besoins immédiats à assurer, et notre long terme correspond à leur court terme.

Nous pensons aussi qu'en parallèle de la création d'emplois, nous devons miser sur l'éducation, point qui fait la différence entre une société développée et une autre qui ne l'est pas. Avec tout mon respect pour tous les métiers, il y a un emploi(cueillir des pommes) et emploi (participer a un développement informatique). C'est pour cette raison que nous oeuvrons beaucoup dans cette direction; avec l'association (Amis des Etablissements Scolaires Officiels du Kesrwan - Ftouh), dont je suis le Président, nous travaillons sur le développement de l'enseignement public ainsi que sur les moyens de combler le vide existant et répondre aux besoins.

Nous cherchons également à faciliter le transport des étudiants des universités pour qu'ils ne soient pas obligés de quitter leurs villages pour entreprendre des études supérieures. Il est très important d'aider les jeunes à se développer tout en les maintenant dans leurs lieux d'origine.

La troisième étape est la réduction de la migartion interne des villages vers les grandes villes. Par exemple, déjà avant la guerre, INDEVCO avait construit sa première grande usine au Liban à Halat, quand cette région n'était encore qu'un village. Il faut aider les gens à rester dans leur village sans qu'ils soient obligés de sacrifier leur développement personnel ou professionnel. Ces trois axes sont le fondement d'une politique sociale qui est garante d'une paix civile solide, créative et progressiste.

Dans un pays ou les taux de chômage et d'émigartion sont particulierement éleves, que proposez-vous aux employeurs et employés Libanais pour endiguer ce phénomène?

Tout d'abord, le Liban n'a pas un taux de chômage élevé (peut-être en raison de l'émigration...!!!). L'équilibre est acceptable!

Par contre, certaines personnes ne veulent pas travailler mais ça, c'est un autre problème! La valeur du travail est très importante. Une société doit être productive. L'homme doit gagner sa vie à la sueur de son front et ne pas accepter de l'argent sans tarvail en contrepartie. Il faut faire de ce point un problème moral et conscientiser les gens sur ce fait.

Les dernières années, nous avons observé plusieurs phénomènes intéressants au Liban dont une stabilité économique remarquable. L'industrie Libanaise a su manœvrer pour tenir la route, contre vents et marées. En cinq ans, l'exportation de notre industrie a doublé, malgré un handicap structurel très grand, celui de l'énergie (électricité, pétrole), et d'autant plus inacceptable que le Liban est entouré de pays producteurs et très compétitifs (Syrie, Jordanie, Egypte, Arabie Saoudite...). Nous sommes un peu comme l'Italie dont l'industrie est en train de disparaître parce qu'elle est entourée par l'Allemagne et la France, des pays très compétitifs en énergie notamment la nucleaire, interdite en Italie depuis de nombreuses années par les Verts.

Une fois ces problèmes résolus, nous pourrons créer de nombreux emplois et l'industrie Libanaise fera un bond exceptionnel! Le potentiel est là! Il faut cibler notre action et travailler simultanément sur deux alternatives. Dans le temps, il fallait choisir: précision et vitesse, agilité ou force. Aujourd'hui, il faut être performant dans tous les domaines à la fois. Dans le cas de l'industrie Libanaise, le spectre à couvrir est très large, à nous de choisir les points "mous" dans lesquels nous pourrons pénétrer facilement: l'industrie habituelle mais aussi l'integration de systèmes électroniques, la technologie, l'architecture. Dans l'agriculture, nous pouvons developper le secteur des fleurs, des plantes médicinales...

Il existe de nombreuses recettes pour une renaissance. Nous devons cependant créer des indicateurs (Key Performance Indicators) pour mesurer les données. Le feedback sera très important.

Que pensez-vous du principe du bénévolat?

Le bénévolat est une chose très importante car il y va de la gratuite de l'action. donner de soi est une chose, mais on a besoin de savoir-faire pour garantir la réussite de l'action. Il doit aussi y avoir des employés. La combinaison gratuité/professionalisme peut mener à de belles réalistaions.

Comment voyez-vous l'action et l'avenir de Caritas Liban?

Je suis très fier du passé glorieux de Caritas, qui s'est toujours tenue efficacement aux côtés de tous, toutes communautés et tendances confondues. Je suis très impressionné par le travail et la motivation de son Président, Père Louis Samaha, et son équipe.

Caritas est en perpetuel renouveau: elle se repositionne en fonction des problèmes du moment et des besoins de la population: la Caritas d'aujourd'hui est différente de la Caritas d'il y a trente ans et l'est certainement de la Caritas de demain. Caritas Liban apporte une très grande valeur ajoutée au patrimoine de l'Eglise.

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